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"Organisation
du travail,
personnalité psychosociale" |
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| Gérard
MENDEL : la sociopsychanalyse |
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MAJ 26
/ 08 / 06 |
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Gérard Mendel (1930
- 2004), psychiatre, psychanalyste et anthropologue est
mort le 14 octobre 2004.
Son nom est intimement lié à la discipline qu’il avait créée,
la sociopsychanalyse, et à la parution de La révolte contre le
père (1968), premier ouvrage qui le fit connaître au grand public.
Il fut aussi éditeur, directeur de collection chez Payot pendant trente
ans (le premier à faire traduire Winnicott), et plus récemment
aux Editions La Découverte.
Depuis 1968, il n’a cessé de développer son oeuvre , qui
comprend une trentaine d’ouvrages (et des dizaines d’articles et
rapports), tout en construisant une pratique collective d’intervention
institutionnelle.
Il a ainsi contribué à ce qu’il a appelé une « psychologie
sociale du sujet » par l ‘élaboration de concepts à l’articulation
du psychique et du social.
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Deux expériences personnelles ont conduit Gérard
Mendel à créer la sociopsychanalyse |
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- La première lorsqu’en 1942 (il a 12 ans),
il voit deux gendarmes français, connus de la famille,
venir arrêter son père juif ((1):
le jeune garçon prend alors la mesure de la force de l’autorité à laquelle se soumettent « aveuglément »
ces fonctionnaires, qu’il sait œuvrer contre leur gré,
sans menaces directes. Un travail de pensée jamais interrompu(2) s’origine ainsi pour lui autour des deux thèmes
qui structurent la sociopsychanalyse : le pouvoir et
l’autorité. |
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- La deuxième naît progressivement de son
travail parallèlement poursuivi de psychanalyste, dont il
tire (au moins) trois enseignements. |
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1) Ce qui se vit dans les séances de psychanalyse
ne rend pas compte de toute la psyché humaine, mais d’une
seule dimension, fondamentale, celle du psychofamilial, dimension
structurée par les processus inconscients, recouvrant les
premières relations au sein de la famille et le développement
affectif et sexuel infantiles. |
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2) Pour favoriser ce retour vers l’enfance, le cadre de la
psychanalyse exclut nécessairement tout un pan de la réalité actuelle,
la réalité sociale, au contact de laquelle la personnalité pourtant
continue de se construire et de se former, comme en témoigne
les modes d’être différents selon les cultures.
Mendel qualifiera cette deuxième dimension de psychosociale.
Dimension
psychofamiliale et dimension psychosociale existent en tout un chacun,
complémentaires et articulées, avec des effets réciproques
et différents selon les moments et les contextes de la vie. |
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3) l’impact du dispositif sur la qualité de
la production psychique : c’est avant tout le cadre inventé par
Freud (divan-fauteuil, analyste en retrait coupure d’avec la
réalité sociale) qui facilite les associations libres
et l’émergence des productions de l’inconscient.
Mendel construira le dispositif institutionnel, cadre collectif
propre à faire émerger comme à développer
la dimension psychosociale chez les participants. |
| Si la dimension psychofamiliale, objet de la psychanalyse,
est pour l’essentiel dominée par les fantasmes, la dimension
psychosociale se construit et se développe à partir des
actes qu’on réalise, actes dont le pouvoir propre
est celui de modifier la réalité : après
(un acte), ce n’est plus comme avant, et c’est irréversible.
Le pouvoir de l’acte et le pouvoir sur l’acte, moteurs
de la psychosocialité, conduiront G. Mendel vers la création
de son concept majeur, l’actepouvoir, et de son corollaire, le
mouvement d’appropriation de l’acte, mouvement anthropologique
fondamental comme l’est celui des processus inconscients. Le
pouvoir ici concerne celui sur ce que l’ont fait, non celui
sur les autres. |
| L’outil de travail de la sociopsychanalyse
n’est pas l’individu isolé, mais le petit groupe
(groupe homogène de travail ou groupe de pairs) inscrit dans
une structure sociale concrète ou institution. Pour mieux en
comprendre le fonctionnement et les effets sur les participants (à
l’intérieur du groupe comme entre les groupes institutionnels)
G. Mendel à constitué son propre groupe-outil d’étude,
le groupe Desgenettes (1971),
(3) groupe clinique de recherche et d’intervention
dans le champ social. |
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Son oeuvre
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Son œuvre,
dense, qu’appuyait une immense culture, a ainsi la particularité d’avoir été confrontée
en permanence à une pratique collective de terrain par
le biais de groupes d’intervenants, dont le plus ancien
est le groupe Desgenettes-Agasp (créé en 1971 et
auquel Gérard Mendel participait) aux côtés
d’autres groupes en France, Argentine, Belgique, Québec.
De nombreux livres cliniques rendent compte de ces interventions réalisées
dans une grande variété de lieux de travail, de l’école à la
maison de retraite, en passant par l’entreprise, les syndicats, les associations,
les collectivités locales.
Une méthode d’intervention dans les institutions a été inventée
: la mise en place d’un Dispositif Institutionnel dont les caractéristiques
principales sont la constitution de groupes homogènes de métiers
et la communication indirecte (par le biais de comptes-rendus écrits)
entre eux.
Ce dispositif a pour vocation de s’inscrire dans le cours naturel de la
vie institutionnelle. Les dispositifs les plus anciens sont en place depuis plus
de 20 ans.
L’exercice de son « actepouvoir » par chacun est ainsi une
proposition constructive face à la fin de la société patriarcale
et de son corollaire, l’autorité, proposition assortie de pratiques
concrètes pour l’exercice de la démocratie participative
(cf.Pourquoi la démocratie est en panne, 2003).
Depuis Pour décoloniser l’enfant (1971), La société n’est
pas une famille (1992) jusqu’à Une histoire de l’Autorité (2003)
Gérard Mendel a toujours été préoccupé par
le vide laissé par la fin de la relation d’autorité comme
modèle des rapports sociaux et par l’impossible retour de cette
forme, aujourd’hui plus infantilisante que préparatoire à l’autonomie
et à la responsabilité, Il a privilégié l’école
(de la maternelle à la terminale) comme un des lieux d’application
de sa méthode afin d’y installer l’apprentissage de la démocratie
par le développement de la socialisation des jeunes, aussi bien entre
eux qu’avec leurs partenaires enseignants.
C’est à partir d’un dispositif aménagé pour
ce lieu éducatif, le dispositif d’expression collective des élèves
(DECE) sur leur propre vie scolaire, que se construit pour tous les élèves
d’une même classe (et non plus pour les seuls délégués)
une socialisation différente, « non-identificatoire » dans
la mesure où elle se construit
aussi dans les relations entre pairs : non plus seulement compétitive,
individualiste et élitiste, mais davantage collective, égalitaire
et solidaire.
Plus de 500 classes du primaire et du secondaire ont à ce jour pratiqué ce
dispositif, dans un lien médiatisé par l’écrit, via
le Conseiller d’orientation-psychologue, avec l’équipe enseignante.
Un grand nombre de ses articles, conférences, interventions radiophoniques
et télévisées ont été consacrés à cette
ligne forte de son œuvre, un film tourné dans un collège
rural en 2000 en témoigne (« La démocratie dans l’école,
JP Lebel, Périphérie) |
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(1) Moment que G. Mendel a décrit lui-même comme fondateur de sa
recherche dans « Enquête par un psychanalyste sur lui-même »,
Stock, 1981.
(2) Comme en témoigne l’ensemble de son œuvre, dont un de
ses derniers ouvrages fut: « Une histoire de l’autorité,
permanences et variations », paru à la Découverte en
2002.
(3) Qui deviendra l’AGASP en 1974, et sera suivi de la création
d’autres groupes de sociopsychanalyse, en France et à l’étranger. |
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