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"Organisation
du travail,
personnalité psychosociale" |
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Dispositif d’Expression Collective des Elèves sur
leur vie scolaire ( DECE) |
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MAJ 26
/ 08 / 06 |
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Le DECE, construit
au début des années 80, appliqué depuis
ce jour en France, Belgique et Argentine, en Primaire et en Secondaire,
vise à permettre aux élèves l’apprentissage
de conduites mieux socialisées.
De façon complémentaire à la socialisation par le savoir
et l’éducatif le DECE propose une socialisation qui se construit
par la concertation, la coopération, la responsabilisation. Est visée
la socialisation de tous et une socialisation entre pairs, « non identificatoire » aux
adultes, permettant ainsi l’émergence de potentialités bien
souvent non exploitées chez les jeunes. |
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La méthode |
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Trois ou quatre fois/an les élèves d’une
même classe sont réunis pendant deux heures (moins
pour les plus jeunes) pour parler entre eux de leur vie scolaire.
La séance est animée par un animateur/régulateur
de parole qui sera aussi médiateur pour les étapes
suivantes (1). |
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1er cycle |
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Les élèves |
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- Les élèves échangent
en petits groupes sur des thèmes qu’ils choisissent
librement, concernant leur vie scolaire et ils notent sur une feuille
leurs idées.
- Chaque groupe, à tout de rôle,
expose à la classe le fruit de ses échanges. Tout
cela est noté sur des affiches par l’animateur qui
en profite pour faire préciser, expliciter, inviter à sortir
d’un affectif trop fortement critique ou revendicatif.
- L’animateur fait une synthèse
orale de ces propos, donnant ainsi à la classe l’aperçu
d’un vécu collectif.
- Une réflexion en grand groupe (ou
de nouveau en petits groupes) permet de travailler les contradictions,
ajuster, compléter les réflexions premières.
Une réflexion « sur le fond » permet
aux élèves d’accéder à une relation
impliquée.
- Une construction s’élabore
en vue de décider ce qui sera communiqué aux enseignants
(et au chef d’établissement, voire aux surveillants,
pour ce qui les concerne).
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Les enseignants |
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Les enseignants de la classe sont réunis par l’animateur
qui lit les propos que les élèves ont choisi de transmettre ;
ils réagissent à ces propos, confrontent leurs expériences, échangent
leurs recettes, et répondent aux élèves. |
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Autres collectifs concernés |
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Des séances identiques ont lieu avec
eux qui vont leur permettre de prendre connaissance de ce qui les
concerne et de répondre, apportant des éléments
de réalité aux élèves (ex : un
casier coûte très cher).
Mais le collectif le plus
engagé est
et reste celui des enseignants de la classe, le plus en lien avec
les élèves et celui donc avec lequel se nouent le
plus de relations socialisantes.
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2ème, 3ème,
4ème cycle |
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La séance est identique à la première mais
elle débute par la lecture aux élèves des réponses
qui leur sont adressées (qui les projettent dans une réflexion
qui ne peut plus se satisfaire de simples critiques et demandes et
les obligent à approfondir leurs réflexions). |
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Les élèves découvrent ainsi ,
en quelques heures |
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- Qu’ils peuvent se parler, se comprendre
et s’enrichir dans leurs différences.
- Que la coopération, antidote de la
compétition, est source de plaisirs partagés.
- Qu’ils sont capables - et cela très
jeunes - de penser entre eux seuls, ne pas seulement se plaindre
ou exiger mais aussi s’impliquer, proposer des solutions
cohérentes à des problèmes explorés
avec sérieux. Etre responsables de ses actes est enrichissant.
- Qu’ils ne sont pas « rien » face
aux « grands » que sont les enseignants et
que ces grands peuvent être vécus comme des partenaires
et pas seulement fantasmés en ogres malfaisants.
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Les élèves apprennent à penser
avec les autres (tout en développant leur individualité),
confronter les points de vue, prendre de la distance par rapport
au vécu
immédiat (éminemment subjectif), négocier une
position commune (tenant compte des différences), exprimer
correctement ce qu’ils veulent donner à comprendre,
se taire pour écouter l’autre, différer leur
prise de parole = ce qui s’appelle se concerter pour/et communiquer. |
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Qu’avons-nous pu
constater au fil des ans ? |
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Du côté des élèves |
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- Un intérêt à parler - ainsi- de
leur vie scolaire.
- Tous s’expriment, mêmes les timides, et un partage
de parole se fait, ne privilégiant pas les « orateurs » habituels
(les bons élèves pour les bonnes réponses,
les mauvais élèves pour les paroles parasites).
Nous voyons des élèves en difficulté, chahuteurs,
s’exprimer ici avec profondeur et sérieux et des « qui
savent tout » bégayer devant leurs camarades.
- Une évolution de la revendication spontanée
et toute puissante vers une réflexion intégrant
des éléments de réalité et un partage
des responsabilités.
- Des aménagements matériels - que certains jugeront
peut-être minimes - mais qui ne se seraient pas faits si
les séances DECE ne les avaient pas suggérés.
- Une meilleure ambiance de classe est souvent signalée.
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Pointons cependant avec quelques résistances actuelles….qui
ne peuvent que nous convaincre de garder le cap : résistance à la
pensée précise, justifiée, à l’écoute,
réticence à la coopération et au travail de
la contradiction. L’individualisme gagne du terrain, tout comme
la pensée SMS ! |
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Du côté des enseignants : |
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- Des enseignants contents d’échanger dans ce cadre,
libre et en phase avec les préoccupations de leurs élèves.
- Un renforcement de la notion d’équipe pédagogique.
- L’aide apportée à des jeunes enseignants
qui osent, pour une fois, dans ce cadre, aborder leurs difficultés
pédagogiques.
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Réflexions annexes |
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Quelle est la spécificité du
DECE en regard des autres instances d’expression (conseils
de classe, heures de vie de classe, conseil d’école…) ? |
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- Les élèves échangent entre eux, seuls
(sous la seule responsabilité d’un animateur/ régulateur
de parole/ qui n’intervient pas sur le contenu mais est
garant des règles) sur des points librement choisis par
eux concernant leur vie scolaire. Ils se découvrent capables
de penser hors de la présence de l’adulte, ils apprennent à être
précis pour être compris, à peser le poids
des mots, à nuancer et à censurer au besoin.
- Ils peuvent parler de tout : travail, évaluation, discipline,
relations garçons/filles, cantine, racket, racisme...
Ils se réapproprient ainsi leur vie et cela est vrai pour
tous, aussi bien pour les bons élèves que pour
les élèves en difficulté (c’est souvent
plus fort pour ces derniers qui peuvent enfin être entendus
hors jugement scolaire).
- La démarche, rare, qui conduit les élèves à élaborer
une réflexion collective.
- Se plaindre, exiger n’est pas de mise durable :
les élèves apprennent à construire un propos
cohérent, argumenté et à faire des
propositions réalistes.
- La communication inter-collectif se fait indirectement par
le biais d’une médiation qui met - le temps du dispositif
- tout le monde à égalité de droit d’expression
et de devoir de réponses. Elèves et enseignants
se découvrent partenaires.
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Le DECE en Belgique |
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La formation à la méthode a débuté en
1996 pour des agents PMS et IMS dans le cadre du projet ministériel "Les
midis à l'école, en parler pour mieux vivre".
5 Stages de formation au DECE ont alors eu lieu, suivis, hors de
ce cadre, par d’autres stages.
A ce jour, une centaine de praticiens ont été formés et
des dizaines de classes ont été concernées.
De multiples présentations de la méthode ont aussi eu lieu en
direction d'agents PMS, agents ZEP, enseignants du Primaire.
L’espoir est à de nouveaux stages de formation pour les agents
PMS, voire d’autres personnels intervenants dans les écoles (agents
ZEP, équipes mobiles, personnels détachés par des municipalités
pour des actions éducatives…).
Le département de psychologie de l’enfant et de
l’adolescent de l’Université de Liège,
a aussi commencé, cette année, à former à la
méthode des étudiants de licence. ( faire lien
avec l’univ)
Pour toute demande de renseignements, désir ou projet
de formation, constacter :
l’AGASP : contactagasp@hotmail.com
ou, plus directement, f.inizan-vrinat@wanadoo.fr
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(1)
En France ce rôle est tenu par le Conseiller d’Orientation-Psychologue :
intégré à l’établissement il ne
revêt aucune fonction éducative ou disciplinaire ;
cette position lui permet la distanciation, la neutralité,
indispensable à ce rôle particulier.
En Argentine « los reguladores institutionales » sont formés
et diplômés par l’Université.
En Belgique les agents PMS sont les plus concernés par cette action ;
d’autres intervenants ont été impliqués ou pourraient
l’être : agents ZEP, médiateurs, équipes mobiles.
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