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À Montréal, à l’initiative
de Michel Parazelli, professeur-chercheur à l’École
de travail social de l’Université du Québec à Montréal,
un dispositif inspiré des expériences du groupe
Desgenettes a été mis en place auprès des
jeunes de la rue. Sous le nom de Dispositif de concertation et
de négociation de groupe à groupe, il vise à e
xpérimenter une forme d’action communautaire autonome
favorisant l’autonomie sociale des jeunes de la rue et
des autres participants dans le contexte d’un exercice
actif de la citoyenneté à Montréal.
Concrètement, i l s’agit de développer des échanges
sous la forme d’écrits accompagnés d’argumentations
et renvoyant aux questions du groupe. Ces échanges peuvent déboucher
sur des actions ultérieures mais demeurent imprévisibles étant
donné que celles-ci reposent sur les désirs des groupes participants.
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| Expérimentée à Montréal
depuis sept ans, l’application du dispositif s’est accomplie
en trois moments distincts entre l’année 1997 et 2006.
La première phase prit la forme d’un projet pilote (1997 à 1999)
qui fut évalué dans le cadre d’une recherche
postdoctorale (Parazelli, 2000). Le deuxième moment correspond à l’implantation
et au développement du dispositif à la suite des recommandations
positives des participants lors de l’évaluation. La
durée de cette deuxième application fut de trois ans
(2001 à 2004) et un groupe fut ajouté, celui des policiers.
Elle fut possible grâce à une subvention de la Fondation
de la famille McConnell. Une troisième application est en
cours depuis 2004, bénéficiant d’une subvention
du gouvernement du Canada jusqu’en 2006. Elle a fait l’objet à son
tour d’une autre série d’améliorations
du cadre toujours à l’aide d’une évaluation
participative par les participants du dispositif (Colombo, 2004). |
| Ce dispositif, tel qu’il est actuellement appliqué à Montréal,
est géré par le Collectif DéSisyphe. Il est
composé de cinq groupes homogènes qui se réunissent à raison
d’une fois toutes les 6 semaines pour les jeunes de la rue,
une fois tous les 3 mois pour les autres groupes. |
| Les cinq groupes homogènes sont les suivants : |
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- 2 groupes de douze jeunes de la rue (12 jeunes
par groupe) sont sélectionnés par les organismes
partenaires qui oeuvrent auprès des jeunes de la rue. Les
critères sont les suivants : 15-25 ans, en rupture
quasi-totale avec les institutions, qui ont développé un
fort sentiment d’appartenance au milieu de la rue et un intérêt
marqué pour s’impliquer dans le dispositif. Il a été proposé aux
jeunes d’établir et de maintenir un contact dans les
organisations communautaires ou d’autres lieux afin d’informer
d’autres jeunes de la rue sur l’évolution des
discussions et d’être eux-mêmes alimentés
par d’autres jeunes de la rue.
- 1 groupe d’intervenants jeunesse qui sont en contact
direct avec des jeunes de la rue (10-15 intervenants) :
1 ou 2 travailleur(s) provenant de chacun des 10 organismes partenaires.
- 1 groupe de policiers : 4 anciens policiers
patrouilleurs, appartenant maintenant à la Section des stratégies
d'actions avec la communauté du Service de police de la
Ville de Montréal.
- 1 groupe de responsables institutionnels :
6 personnes représentant l’autorité institutionnelle,
c’est-à-dire des acteurs qui sont susceptibles de
modifier légalement le monde de la rue, à savoir :
un membre du comité exécutif de la Ville de Montréal,
un fonctionnaire de la Ville de Montréal, un responsable
du Service de police de la Ville de Montréal, un représentant
de l’Agence de développement de réseaux locaux
de services de santé et de services sociaux; un représentant
du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) et un représentant
de la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse. Précisons que le rôle de ce groupe n’est
pas de prendre des décisions au sujet du dispositif, mais
au sujet du monde de la rue, en concertation avec leur organisme
ou service.
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Le collectif DéSisyphe est
un groupe de sociopsychanalyse garant de l’application adéquate
du dispositif. Il est composé de personnes qui ont suivi la
formation de régulateur. Il a la responsabilité de
répondre aux questions administratives et théoriques
qui se posent tout au long de la démarche ainsi que du soutien à la
régulation en cours. Ce soutien s’effectue à la
fin de chaque cycle de rencontres des groupes, sous la forme d’une
séance collective de supervision. Ce collectif est aussi le
gardien d’éventuelles autres applications du dispositif
au sein des divers milieux au Québec. Il s’agit d’un
travail collectif sur l’acte de travail de régulation
principalement (et non exclusivement) à partir des transcriptions
de réunions des groupes impliqués dans un dispositif
de même qu’un travail d’analyse sur le travail
collectif du collectif lui-même. L’objectif de cet acte
de travail est de susciter un effort de création collective
et de développement de la pensée ainsi que de construire
une réflexion de groupe à d’autres groupes.
Deux personnes de ce groupe assurent ensemble la (co-)régulation
des groupes homogènes. Cette équipe est garante de la
méthode du dispositif, de son déroulement, de sa déontologie.
Son rôle est triple : |
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- Faciliter la concertation entre les membres des groupes.
- Animer le temps de l’expression collective des membres
des groupes.
- Médiatiser la communication entre les six groupes concernés.
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Enfin, une personne de ce groupe assure la coordination
de l’application en cours. Elle a pour fonction de coordonner
le fonctionnement organisationnel (logistique) et matériel
(secrétariat, salles de réunion et enregistrements)
du dispositif, de s’occuper des relations avec le bailleur
de fonds et de faire le lien entre les différentes entités
du dispositif.
Pour terminer, mentionnons que l’application du dispositif-Mendel
au milieu de la rue a ceci de spécifique qu’elle s’applique
au sein d’un milieu ouvert et non fermé comme une école
ou une entreprise par exemple. Il est donc nécessaire de
s’assurer que les organismes partenaires soient bien impliqués
dans les échanges, et non uniquement leur délégué qui
participe au groupe. Pour ce faire, à la fin d’une
série de trois cycles, une réunion de concertation
rassemble les gestionnaires des organismes partenaires (et non
les personnes qui sont dans les groupes homogènes), afin
de les concerter à propos des effets de ce dispositif, de
sa pertinence pour leur organisme, de leurs éventuelles
suggestions d’amélioration, ainsi que de leurs attentes
de suites. |
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