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Lorsque la nouvelle directrice d’un foyer occupationnel pour
adultes débiles mentaux (un vingtaine) fait appel à notre
groupe, le climat de sa « maison » est au découragement, à « la
passivité agressive des éducateurs », à l’opposition
des personnels à tout projet de changements, Après
la réflexion et l’information qui s’imposent,
nous proposons à tous les membres du foyer et avec leur accord
la mise en place d’un dispositif institutionnel de concertation
et de communication : réunions régulières
et séparées de groupes de pairs (direction, chefs de
service, éducateurs, personnels de service, puis, intégré au
cours de l’intervention, pensionnaires) avec un membre de notre
groupe, réunions au cours desquelles les personnes s’expriment
librement et de façon élaborative sur leur travail,
son organisation, le fonctionnement de l’institution.
Chaque réunion se termine par un compte rendu écrit fait par le
groupe, compte rendu transmis à tous les autres groupes via une coordinatrice
(la secrétaire). Ces comptes rendus font l’objet d’une réponse
obligatoire et argumentée de la part de ses destinataires. Réunions,
communication et réponses aux comptes-rendus constituent un cycle, répété quatre
fois dans l’année. Après une phase de prise de connaissance
du dispositif et de formation au fonctionnement d’un groupe, la participation
se fait sur la base du volontariat |
| Résultats ? |
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Au bout de deux ans, l’investissement de chacun
de partenaires du foyer est profondément redynamisé,
les places et les complémentarités de chacun des personnels
mieux définis, les éducateurs ont retrouvé motivation
et initiatives, les pensionnaires (ceux d’entre eux qui ont
pu participer au groupe) revalorisés à leurs propres
yeux comme à ceux des personnels :
ils ont pu entre autres exprimer leurs émotions concernant la mort de
certains d’entre eux, leurs regrets de n’avoir pas été jugés
capables d’assister à leur enterrement, ce dont ils n’avaient
jusqu’alors jamais pu parler, ni à eux-mêmes ni à leurs éducateurs.
Le sentiment de leurs éducateurs, précisément, est que la
participation de ces adultes handicapés au dispositif institutionnel a
généré chez ceux-ci une forme de maturation jusqu’alors
tout à fit imprévisible. Ceci, entre autres effets, a donné un
espoir et un sens différents au travail des éducateurs, qui pensaient
n’avoir qu’à « occuper » ces adultes
jusqu’à la fin de leur vie, sans aucune autre perspective. |
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