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La
méthode |
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Trois fois/an les élèves sont réunis pendant
deux heures pour parler, entre eux, de leur vie scolaire. La séance
est animée par la COPsy du collège qui est tout à tour
animatrice des séances et médiatrice entre les collectifs. |
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1er cycle |
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Les élèves
- Ils échangent en petits groupes sur des thèmes
qu’ils choisissent, concernant leur vie scolaire,
et ils notent sur une feuille leurs réflexions (critiques,
demandes, propositions).
- Chaque groupe, à tout de rôle, dans le
respect de règles strictes mais protectrices, expose à la
classe le fruit de ses échanges. Cela est noté sur
des affiches par l’animatrice qui fait préciser,
expliciter et invite à sortir d’un affectif
trop exclusivement critique ou revendicatif.
- Une synthèse orale est faite qui donne à la
classe l’aperçu d’un vécu collectif,
avec ses convergences et ses oppositions.
- Une réflexion en grand groupe (ou de nouveau
en petits groupes) permet de travailler les contradictions,
ajuster, compléter. L’invitation faite de
réfléchir sur le fond des problèmes
(abordés souvent par l’anecdote ou la personnalisation)
permet aux élèves d’accéder à une
relation plus impliquée avec le savoir, les apprentissages
et moins antagoniste avec les enseignants.
- Une construction s’élabore en vue de décider
de ce qui sera communiqué aux enseignants (et au
chef d’établissement, voire aux surveillants,
pour ce qui les concerne).
Les enseignants
- Les enseignants de la classe sont réunis par
la COP qui lit les propos que les élèves
ont choisi de leur transmettre ; ils réagissent,
confrontent leurs expériences et répondent
aux élèves.
Nb : Nous faisons une seule réunion avec les
enseignants. On y perd un peu du lien qui unit les enseignants
avec leur classe mais il est impossible d’imposer une
multitude de réunions aux enseignants de musique,
techno…et à l’animatrice.
Autres collectifs concernés : le collectif
de Direction composé du chef d’établissement,
du CPE et de la gestionnaire et, si concerné, le
collectif des personnels de surveillance.
- Des séances identiques ont lieu, qui vont leur
permettre de prendre connaissance de ce qui les concerne
et de répondre, apportant, entre autre, des éléments
de réalité aux élèves (ex :
le prix d’un casier, des repas…)
Mais le collectif le plus engagé est et reste celui
des enseignants de la classe, le plus en lien avec les élèves
et celui donc avec lequel se nouent le plus de relations
socialisantes. |
| 2ème
et 3ème cycles |
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Les séances sont identiques à la
première mais elles débutent par la lecture aux élèves
des réponses qui leurs sont adressées et qui les
projettent dans une réflexion qui ne peut plus se satisfaire
de simples critiques et demandes. |
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Comment les élèves
réagissent-ils ? |
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Lorsqu’il leur est dit qu’ils vont pouvoir
s’exprimer sur ce qu’ils vivent au collège,
se donne à entendre « on va se faire massacrer ! » et
assorti cependant d’un « Ouais !!! On va
leur dire que…».
Aucun massacre en vue, ni d’un côté ni de
l’autre, mais un échange que l’on va apprendre à construire.
On hésite - on peut vraiment parler de tout ?
- et on y va.
Les premiers échanges déversent alors, en une longue
litanie, les souffrances et les non dits et c’est, bien entendu,
toujours la faute de l’autre ! Et pas question encore
d’accepter que les autres ne soient pas d’accord !
Tout cela s’inscrit « brut » sur
les affiches et, avec l’aide questionnante de l’intervenante
se contredit, se conjugue, se complète ou se récuse.
La pensée individuelle se fond dans une pensée collective
dont on n’a pas l’habitude mais qui va révéler
des capacités inattendues créatrice de fierté et
d’un certain plaisir.
Le début de la deuxième séance voit souvent
les élèves muets ! On les a écouté et
on leur a répondu, ils ne sont donc pas rien et ceux qu’ils
ont tendance à considérer comme leurs ennemis n’en
sont donc pas réellement. La tentation est grande du repli.
Pas question ! dit l’intervenante, vous allez même
encore aller plus loin et approfondir votre réflexion, vous
allez (vous) montrer que vous pouvez argumenter vos demandes et
critiques et même proposer. Le quantitatif des demandes va
tenter de faire place peu à peu au qualitatif de la réflexion.
- C’est dur, Madame ! – Oui… vous
verrez que vous serez contents de réussir quelque chose
de difficile ! Au travail…
Bien entendu ce mouvement général varie en fonction
des groupes et des individus. Il y a des régressions aussi.
Il y eut des séances « désespérantes » qui,
avec le recul, font dire que trois séances par an ce n’est
pas assez ou que certains élèves ne peuvent pas accéder
aussi facilement qu’on le souhaiterait à ce degré secondaire
et autonome de socialisation.
Il faut apprendre à penser seul et avec les autres, se
taire, écouter, différer sa parole, accepter la critique… Rien
d’évident dans cette démarche de l’individuel
au collectif, du spontané au distancié, de l’affectif
au moins affectif…et l’intervenante a fort à faire.
Ne nions pas que c’est de plus en plus difficile car en rupture
avec un certain habitus collégien, voire social ( aux antipodes?).
Mais toujours, à la rentrée, des élèves
demandent quand ça recommence. Les heures de vie de classe
leur offrent un lieu d’expression de leur vécu mais,
et la plupart le sentent bien, ce n’est pas pareil. |
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De quoi les élèves
ont-ils le plus souvent débattus au fil des ans ? |
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- De leurs difficultés d’apprentissage :
Pour certains « ça va trop vite » et « il
y a trop de travail à la maison ». A l’inverse
pour d’autres « ça ne va pas assez vite ».
Tout cela dit l’injustice devant la réussite, questionne
la pédagogie de l’hétérogénéité,
la notion de travail... et nuance l’image que les uns ont
des autres. S’interrogent et peuvent alors se corriger attitudes
individuelles et collectives.
- De la notation : Pourquoi et comment
interroger noter à l’oral, à l’écrit ?
faut-il récompenser les résultats ou l’effort
fourni ? Et, bien sûr, comment avoir de bonnes notes,
car l’essentiel reste là! Intuitivement et
fort judicieusement, les élèves opposent formatif
et normatif.
- Des relations avec les enseignants et les surveillants : Elles
sont plutôt bonnes mais certains crient trop, sont trop
sévères ou pas assez…et le respect réciproque
n’est pas toujours au rendez-vous.
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Plusieurs fois s’est dessiné le prof
idéal : il maîtrise bien son sujet, explique
bien et sait ré- expliquer, il est strict mais pas sévère,
il respecte et est respecté.
Questionnés en retour les élèves ont réfléchi à ce
que veut dire comprendre ou ne pas comprendre, liant compréhension
non seulement à explications données mais aussi à désir
de savoir et travail personnel, crainte, blocages… Ils interrogent
leur difficile accès à l’autonomie, certes
peu favorisée par l’exercice scolaire classique mais
pas toujours désirée non plus. |
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- De leurs relationsentre eux :
grands/petits, garçons/filles, pas toujours amicales ni
respectueuses.
- De la cantine. En parallèle à des
demandes justifiées, chaque année certains élèves,
voire certaines classes, cristallisent leurs récriminations
et leurs demandes sur la cantine. Fixation orale en dérive
d’un mal être scolaire ?
- Des toilettes où se jouent tous les
abus dénoncés par les plus jeunes : portes
ouvertes, crachats, jets d’eau, salissures, évacuation
forcée pour rester entre grands…
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Il y aurait fort à dire sur ce qui se joue
en ces lieux ;
pas une seule intervention en France ou en Belgique qui n’en
aborde le vécu difficile.
- Et bien entendu de la cour de
récré est trop
petite, ils n’aiment pas rester dehors l’hiver, il
faudrait avoir le droit aux baladeurs dans la cour, aller plus
au ciné, en voyage…
- Quelques sujets moins fréquents ont
créés des moments forts : la sexualité,
le racisme, le racket. A entendre aussi - créant la surprise chez les enseignants
- que les élèves aiment des profs bien habillés
et ils n’aiment pas quand ceux-ci leur dévoilent leur
vie privée (alors qu’ils cherchent par ailleurs à savoir
!). Ils ont abordé aussi le trouble que peut faire naître
une présence physique trop proche d’eux (un prof qui
se penche un peu près), ce que la majorité de enseignants
ne perçoivent pas.
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Que leur est-il répondu ? |
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Les enseignants |
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ré-expliquent leur barème de notation,
voire l’améliorent, le pourquoi des devoirs maison,
promettent d’écrire mieux au tableau… Sans apporter
nécessairement de réponses immédiates ils interrogent
leur pratique et les élèves disent souvent, la fois
suivante, que ça va mieux. Ils donnent des conseils…et
rappellent souvent que la réussite ne vient pas des seules
prouesses des enseignants. |
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Ils se donnent à voir aux élèves
avec, eux aussi, leurs difficultés et incertitudes. |
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Le chef d’établissement, le CPE, la gestionnaire : |
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apportent des éléments concrets de réalité financière,
juridique. Ils essaient aussi de répondre par des achats,
des aménagements aux demandes justifiées des élèves.
Ceux-ci ont ainsi obtenu des pendules dans les classes, des casiers
pour leurs affaires, un distributeur de boissons et sucreries (que
la loi a fait ensuite, ironie du sort, disparaître) et des
fontaines à eau, le changement de place d’un tableau,
un meilleur éclairage dans une salle… |
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Les surveillants : |
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expliquent pourquoi il faut le silence en étude… et
eux aussi interrogent et ajustent leurs pratiques. Une année,
une grande discussion eut lieu sur les conséquences du copinage
avec les élèves. |
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Quels effets ? |
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Du côté des élèves |
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Le collège d’Avord n’est pas devenu
une exception pédagogique, la notation reste traditionnelle,
il y a toujours le même décalage entre ceux qui peinent
et ceux qui réussissent… et les relations profs-élèves
ne sont pas au beau fixe. Et rien n’est évaluable de
ce qui restera dans la tête de ceux qui ont vécu ces
heures d’échanges d’un « autre type ». |
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Cependant :
- Il est fréquent que élèves demandent à continuer
l’année suivante ; ils disent avoir bénéfice à échanger
ainsi entre eux et avec leurs enseignants.
- Pas une classe qui, après avoir reproché aux
profs d’être « trop sévères »,
n’ait mis en question le comportement agité de certains,
assorti du comportement chahuteur collectif.. D’impuissantes
victimes, les élèves prennent conscience d’être
membres d’une communauté où les comportements
de chacun et de tous se conjuguent. Cela a un jour abouti à une
charte de bonne conduite.
Pas une classe où ne fut demandé, entre élèves,
plus de respect les uns pour les autres. Et toujours la responsabilité collective
finit par supplanter le marquage individuel.
Pas une classe où le « trop » de
travail n’ait abouti à une réflexion sur l’organisation
et le travail personnel.
Parlons aussi des changements individuels :
- Victor refusait tout échange avec ses camarades mais
a trouvé dans le DECE un espace où parler de lui
et se reconstruire dans la relation.
- Sophie, Anatole ou Karim… ont compris pourquoi les
autres les agressaient, ne supportant pas qu’ils veuillent
toujours avoir raison et sollicitent sans cesse les profs. Ils
ont pu dire leur manque de confiance en eux ou leur peur de ne
pas réussir.
- Aurélien a pu dire sa souffrance d’être
toujours traité, avec ironie, d’intello parce
qu’il a des bonnes notes. Oui, il réussit et veut
réussir, mais il ne méprise pas pour autant les
autres ; il veut bien même aider ceux qui peinent.
- Estelle, Julie et Jonathan, en difficulté scolaire,
ont pu dire qu’ils ne se fichent pas de leurs mauvaises
notes, contrairement à ce qui est supposé. Certes,
ils n’apprennent pas toujours leurs leçons mais
ils ont tellement le sentiment que l’école les a
lâchés.
Et misons sur les effets psychosociaux de la découverte
que :
- Même petit, on n’est pas rien devant les grands
et que l’on peut sortir du sentiment d’impuissance
sur sa vie et de la dépendance.
- Le fait de ne pas être tous d’accord n’est
pas un obstacle au vivre ensemble et peut, au contraire, enrichir.
- La coopération, la pensée collective et sa production,
peuvent être source de plaisirs plus grands que la
seule revendication individualiste. Le sentiment d’exister
s’y renforce.
Nous sommes en droit d’espérer que le jour où une
réflexion collective se présentera (groupe de musique,
réunion de quartier, politique) ils repenseront à la
façon dont, un jour, ils avaient appris à réfléchir
avec les autres. Pourquoi ce souvenir scolaire, là ne serait
pas aussi prégnant, voire plus, que d’autres ? |
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Du côté des
enseignants : |
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Disons prioritairement la reconnaissance du
bien-fondé d’un travail de socialisation pour les élèves.
Le DECE se cale actuellement comme un plus au travail des enseignants
en matière d’apprentissage des règles, des
limites, de l’écoute de l’autre et comme un
lieu de réflexion sur l’école et ses attentes
(attente de l’école, attentes adressées à l’école).
Disons aussi l’éprouvé, au sortir des séances
entre profs, que ça fait du bien de pouvoir, ainsi, échanger.
Les enseignants ont vu se multiplier, au fil de ces huit ans, les
occasions de travailler ensemble ; ils ont ainsi ouvert leur
porte de classes à leurs collègues mais là c’est
différent : ils parlent librement, sans autre projet
que de partager leurs réflexions, et cela en lien avec leurs élèves.
Les enseignants qui se sont engagés dans la durée éprouvent
parfois une certaine lassitude, un certain agacement, à s’entendre
dire et à répéter tous les ans les mêmes
choses. Qu’ils se donnent plus le temps de prolonger, hors
DECE, leurs échanges et osent un peu plus le changement,
oui, sans doute. Mais l’un d’eux disaient récemment
que l’équipe DECE ressemble au village d’Astérix
et que c’est bien triste. Manque indéniablement le
soutien des pouvoirs publics : le Ministère accompagna
une année l’action mais le Ministère changea…et
dans la panorama scolaire général les recettes « vite
faites » ont indéniablement plus de succès.
Et ne nions pas que le métier d’enseignant est de
plus en plus difficile et que l’écoute des remarques
des élèves a lieu de ne pas être toujours d’emblée bienveillante.
Ne nions pas des incompréhensions, voire des frictions,
avec quelques enseignants qui récusent aux élèves
le droit leur mot sur leur vie scolaire, en particulier sur le
pédagogique et le disciplinaire. Disons aussi quelques observateurs
distants.
Alors, une équipe maintient le cap avec, à l’esprit,
l’importance des apprentissages que peuvent faire les élèves,
via le DECE : pensée plus collective, écoute
plus respectueuse de l’autre, acceptation de la confrontation à l’autre
et des désirs à la réalité. Elle continue à lutter
contre la tendance à la dépendance ou à la
révolte aveugle et souhaite amener les élèves à une
vision partagée des responsabilités. En invitant
les élèves à argumenter, à chercher
la phrase juste, à apprendre la nuance…elle lutte
contre « la pensée SMS » qui rejette
l’élaboration du discours et se contente d’un
signal. Le cap est maintenu par volonté d’une citoyenneté moins égocentrique,
qui n’aurait pas peur des différences mais accepterait
de s’en enrichir. |
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Quelques réflexions annexes |
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- Trois chefs d’établissement successifs
ont porté le projet ; leur engagement est indispensable. |
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- Le CPE est totalement partie prenante
du projet : la façon dont les élèves travaillent
en séance DECE leur vécu scolaire, ce qu’ils
en transmettent aux enseignants, les réponses qui leurs sont
apportées, via la médiation, lui semblent d’une
teneur autrement plus riche que ce qui se fait en préparation
de conseil de classe (sous la responsabilité d’un enseignant
ou entre élèves seuls, non formés à la
concertation) et ce qui se dit (ou ne se dit pas) en conseil. Il
lui semble important que les élèves puissent exprimer
sans tabou ce qu’ils vivent dans leur quotidien et reçoivent
des réponses réelles, mais cela doit se faire dans
un cadre rigoureux et formateur ; le DECE en est un. Le DECE
généralisé pourrait donner sens à la
délégation et à la formation, alors complémentaire, des
délégués de classe. |
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- Au fil de ces années les élèves
ont vu s’inscrire à leur emploi du temps des
heures de vie de classe pendant lesquelles, sous la responsabilité de
leur prof principal, ils peuvent parler de ce qui ne va pas. |
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Le DECE a-t-il perdu sa raison d’être ?
Aucunement : |
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Les heures de vie de classe permettent de gérer
rapidement les problèmes matériels, relationnels entre élèves
mais les profs sentent bien que manque un cadre formateur. Ils réalisent
aussi que les élèves n’osent pas aborder certains
sujets en leur présence. Enfin, ils sont forts ennuyés
des critiques que les élèves leur confient concernant
leurs collègues ; qu’en faire ?
Et les élèves ?
Comme les enseignants, ils font bien la différence entre heures
de vie de classe et séances DECE. Aux premières :
la gestion rapide des problèmes de la classe mais tout ne se
dit pas et tout n’a pas réponse, en particulier ce
qui concerne le pédagogique et le relationnel prof/élèves.
Aux secondes l’avantage d’un cadre protecteur, d’une
meilleure réflexion, l’assurance de réponses mais,
en prime, l’obligation de penser, de réfléchir,
d’accepter un cadre contraignant… Alors les préférences
sont contradictoires et émergent parfois des résistances
(plus individuelles que collectives) que nous n’avions pas connues
par le passé. |
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Y’a-t-il eu une évolution de la
méthode en dix ans ? Oui. |
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Ajouté à ce qui vient d’être
dit, il nous faut faire, en séances DECE comme en classe,
avec une agitation grandissante, une difficulté de concentration évidente,
une tendance à la facilité (la pensée SMS
en est une), un individualisme quasi revendiqué avec un
rejet parfois violent de l’autre, un désintérêt
grandissant pour l’école...
Alors l’intervenante doit de plus en plus aller chercher
loin les élèves pour qu’ils acceptent l’esprit
et les règles de la méthode. Au classique « c’est
dur » - de se taire, d’écouter, de formuler
juste, de se remettre en question… - s’est ajouté le « ça
nous casse les pieds » que nous n’entendions
pas il y a quelques années.
Pas question pour autant de relâcher les règles
de la méthode ! Ceci au risque d’une animation
plus ferme, d’une présence plus grande dans les petits
groupes pour aider les élèves à entrer dans
le processus attendu, de sanctions parfois pour des comportements
inacceptables ou des refus de participer.
Il faudra peut-être penser quatre séances/année…. |
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En conclusion : |
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Le DECE TOUJOURS, dans sa volonté d’une réelle écoute
des élèves et du développement de leur autonomie,
de leurs responsabilités. |
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Le DECE plus que jamais comme apprentissage nécessaire,
pour tous, de règles de réflexion et de communication,
indispensables au développement personnel et à la vie
sociale. |
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Le DECE aussi au service des enseignants comme soutien à un
espace pédagogique accepté par les élèves.
Le dialogue instauré par le DECE peut y contribuer. |
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Le DECE, pourquoi pas , comme levier de construction
du pédagogique. Un lieu où de jeunes enseignants puissent
parler de leurs difficultés et y prendre conseil, un lieu
où s’ajuste la pratique de chacun et de tous, où se
re-pense en permanence le quotidien de la vie scolaire. |
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Le DECE….. A suivre |
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