En septembre 1997, un organisme dit de " subrogation " (ou
de " Tutelles aux incapables majeurs ") contacte l'ADRAP
pour une demande d'intervention.
La mission de cet organisme est double : gérer le patrimoine ou les
prestations sociales des personnes protégées, leur offrir un
accompagnement social et éducatif.
La demande semble motivée par la " crise de croissance " traversée
par cette institution et le souhait de la Directrice de lui conserver une " taille
humaine ". Par ailleurs, d'autres problématiques semblent avérées
: le difficile partage des tâches entre les secteurs administratifs et
social (confusion des métiers), la concentration du pouvoir de décision
dans les seules mains de la Directrice (délégation de prérogatives
difficile, manque de disponibilité pour les tâches de financement
et de gestion de l'Association).
Phase exploratoire
Elle consiste en des entretiens semi-directifs auprès
des Services administratifs et social. Cette phase tente d'évaluer
la faisabilité de l'intervention sur le plan technique (quel
bénéfice pour le demandeur ?) mais aussi sur le plan
de l'intérêt scientifique (recherches de l'ADRAP).
Cette phase préalable met en lumière le climat " psychofamilialiste " qui
règne dans cette institution, climat dont la particularité est
de renforcer les " facteurs inconscients de résistance à la
mise en place d'une structure favorisant le développement d'une psychosocialité pourtant
elle aussi nécessaire "8 .
Considérant les éléments recueillis lors de la phase exploratoire,
l'ADRAP choisit de centrer son travail sur les métiers : l'enrichissement
des tâches de chacun, allié au souci d'une plus grande responsabilisation
dans une optique participative, peut être bénéfique à tous.
L'intervention
La proposition d'intervention s'est écartée de
celle plus familière à l'ADRAP à savoir, le
Dispositif Institutionnel. En raison de la petite taille de cette
institution (dix salariés) et de l'impossibilité de
constituer des groupes homogènes, l'intervention s'est proposé d'accompagner
le changement dans l'entreprise en aidant à la réalisation
de projets de services, à toute élaboration consécutive à la
transformation des conditions de travail (quand, par exemple, la
législation l'impose).
C'est une option originale qui a été décidée ici
: engager une réflexion collective sur l'organisation du travail en
repérant et classant les problèmes de tous ordres que rencontre
le personnel à partir de la position qu'il occupe dans l'entreprise.
L'élaboration de " profils de postes " demandés par
la Tutelle est engagée de façon concomitante.
En centrant leur réflexion sur l'acte de travail dans ses formes les
plus concrètes, les salariés renforcent la part psychosociale
de leur personnalité : c'est " l'individu professionnel " qui
est promu ici.
8.Gérard
Mendel : " Le Familiogramme institutionnel " ; actes du colloque
international de Psychodynamique du Travail, Paris, 1997. |